Après Transports exceptionnels, surprenant pas de deux d'une pelleteuse et d'un danseur, Dominique Boivin revient à Noisy avec un solo intitulé Travelling. Un solo ? Pas si sûr.
Le danseur n'est pas seul en scène. Avec pour tout support un train électrique doté d'une caméra HF, le chorégraphe invite le public à découvrir le corps d'un danseur en suivant le cheminement de cet objet ludique. La vidéo vient ici nourrir la danse et inversement.
« En 2001, lors de la création de Casse-Noisette pour le Ballet de l’Opéra national de Lyon, j’ai réalisé un travelling en installant une caméra miniature sur un train électrique qui circulait dans un décor constitué de jouets. La captation, très proche du sol, le frôlement des objets, le hors échelle qui en résultaient m’ont donné l’envie d’utiliser à nouveau ce procédé pour filmer un danseur et créer ainsi une pièce où chorégraphie et images seraient étroitement liées. Aborder le corps et le mouvement par un angle de vue particulier, les transformer en paysage, jouer du détail pour en découvrir la poésie ou la crudité, cheminer pas à pas, flâner autour d’un bras, faire une étape dans le creux de la main, faire danser un visage… La transmission des images d’une danse qui se construit sous nos yeux permet une double lecture, frontale pour le public qui regarde le danseur évoluer sur la scène et décentrée par la projection des images captées par la caméra. Le travail pictural fait autour de l’image filmée contribue à ce voyage onirique dans un monde de chair et d’imaginaire. »
Dominique Boivin
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